,

Taux de crédit immobilier : vont-ils encore monter en 2026 ?

Taux de crédit immobilier : vont-ils encore monter en 2026 ?

Après plusieurs mois d’accalmie, les taux de crédit immobilier recommencent à faire parler d’eux. Et, malheureusement pour les emprunteurs, ce n’est pas parce qu’ils viennent de décider de descendre.

À la rentrée 2026, les barèmes des banques se sont légèrement tendus. Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations atteignait 3,30 % en juillet 2026, contre 3,27 % en juin et 3,21 % en mai.

Les baromètres observés en septembre confirment le mouvement. Selon les courtiers et les profils, les taux constatés tournent généralement autour de 3,4 à 3,6 % sur 20 ans, avec des conditions plus avantageuses pour les meilleurs dossiers et des taux supérieurs pour les dossiers plus fragiles. Pretto relevait par exemple une moyenne de 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans en septembre 2026.

Alors, faut-il craindre une nouvelle envolée des taux ? Faut-il acheter maintenant avant qu’ils ne montent davantage ? Ou au contraire attendre patiemment une nouvelle baisse ?

La réponse tient en quelques mots : une poursuite de la hausse est possible, mais personne ne peut aujourd’hui déterminer avec certitude jusqu’où elle ira ni combien de temps elle durera.

Et surtout, prendre une décision immobilière uniquement à partir du taux de crédit serait une erreur. Le prix du bien, votre capacité de négociation, votre apport, votre durée de détention et votre situation personnelle comptent tout autant.

Voyons donc ce qui se passe réellement derrière ces quelques dixièmes de pourcentage qui peuvent, sur vingt ans, représenter plusieurs milliers d’euros.

Où en sont les taux de crédit immobilier en septembre 2026 ?

Le premier point à comprendre est qu’il n’existe pas un taux immobilier.

Les taux affichés dans les baromètres sont des indicateurs. Deux acheteurs qui empruntent exactement la même somme sur vingt ans peuvent recevoir deux propositions différentes selon leurs revenus, leur apport, leur situation professionnelle, leur âge, la gestion de leurs comptes ou encore la banque qu’ils sollicitent.

À titre indicatif, Pretto observait en septembre 2026 des taux moyens de 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans, tous profils confondus.

Meilleurtaux relevait de son côté au 21 septembre un « très bon taux » de 3,55 % sur 20 ans et un taux pouvant descendre jusqu’à 3,21 % pour les dossiers les plus favorables.

Ces différences ne signifient pas que l’un des baromètres a raison et l’autre tort. Leur méthodologie, les banques interrogées et les profils étudiés ne sont pas identiques.

Pour mesurer la tendance générale, la donnée de la Banque de France reste particulièrement utile. Elle montre que le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations est passé de 3,09 % en juillet 2025 à 3,30 % en juillet 2026.

Nous ne sommes donc pas face à une flambée comparable à celle connue lors de la remontée spectaculaire des taux en 2022 et 2023. Mais le mouvement de baisse que beaucoup d’acheteurs espéraient voir se poursuivre durablement a clairement perdu de son élan.

Pourquoi les taux immobiliers remontent-ils ?

Un taux immobilier ne dépend pas de l’humeur du directeur de votre agence bancaire le lundi matin.

Même si la négociation individuelle conserve son importance, les banques construisent leurs barèmes dans un environnement économique beaucoup plus large. Elles regardent notamment le coût auquel elles se financent, l’évolution des taux de marché, l’inflation, la politique de la Banque centrale européenne et, bien sûr, leurs propres objectifs commerciaux.

Et sur plusieurs de ces fronts, l’année 2026 est devenue moins favorable aux emprunteurs.

La BCE a de nouveau relevé ses taux

Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a décidé d’augmenter ses trois taux directeurs de 0,25 point de pourcentage.

Elle justifie notamment cette décision par des pressions inflationnistes persistantes et prévoit, dans son scénario de référence de septembre, une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, puis de 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028.

Pourquoi est-ce important pour votre crédit immobilier ?

Parce que le prix de l’argent se transmet progressivement dans toute l’économie. Lorsque le financement devient plus cher pour les acteurs financiers, les banques disposent de moins de marge pour maintenir durablement des crédits immobiliers très bon marché.

Cela ne signifie cependant pas qu’une hausse de 0,25 point décidée par la BCE entraîne automatiquement une hausse de 0,25 point de votre crédit le lendemain matin. Heureusement, le café est parfois plus rapide que la politique monétaire.

Les crédits immobiliers français sont majoritairement à taux fixe et sur de longues durées. Leur tarification dépend donc aussi beaucoup des taux d’intérêt à long terme et des anticipations des marchés.

L’OAT 10 ans : ce drôle de sigle qui finit par concerner votre appartement

Dans les discussions sur les taux immobiliers, un acronyme revient régulièrement : OAT 10 ans.

L’OAT, ou Obligation Assimilable du Trésor, représente ici le rendement auquel l’État français emprunte de l’argent sur dix ans.

À première vue, le lien avec votre futur trois-pièces semble lointain.

Il ne l’est pas tant que cela.

L’évolution des taux obligataires à long terme constitue l’un des repères du coût de l’argent sur lequel les banques bâtissent leurs propres conditions de financement.

En septembre 2026, Meilleurtaux indiquait que le rendement de l’OAT française à dix ans était passé d’environ 3,3 % un an auparavant à environ 4,1 %. Le courtier soulignait que les banques n’avaient jusqu’alors répercuté qu’une partie de cette augmentation dans leurs barèmes immobiliers.

Autrement dit, les banques ont jusqu’ici absorbé une partie du choc.

Mais leur générosité n’est pas entièrement philanthropique.

Le crédit immobilier reste pour elles un moyen de conquérir ou de fidéliser des clients. Un emprunteur qui finance sa résidence principale peut également domicilier ses revenus, ouvrir des produits d’épargne, souscrire une assurance habitation ou conserver sa banque pendant de nombreuses années.

Une banque peut donc accepter une marge faible sur le crédit si elle juge le client intéressant sur le long terme.

C’est aussi pour cette raison que deux banques peuvent proposer des taux très différents au même emprunteur.

Les taux immobiliers vont-ils encore monter fin 2026 ?

C’est évidemment la grande question.

Et quiconque vous annonce aujourd’hui avec certitude que le taux sur vingt ans sera exactement de 3,72 % dans six mois possède soit une machine à voyager dans le temps, soit un excellent service marketing.

Plus sérieusement, plusieurs scénarios restent possibles.

Une nouvelle progression des taux serait cohérente avec un environnement dans lequel l’inflation resterait élevée, les taux obligataires continueraient de monter ou la BCE maintiendrait une politique monétaire restrictive.

À l’inverse, une détente de l’inflation et des marchés obligataires pourrait stabiliser les barèmes, voire permettre une nouvelle diminution.

La BCE elle-même insiste sur l’incertitude entourant les perspectives économiques et ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire mécanique de ses prochains taux.

La meilleure conclusion n’est donc pas « les taux vont forcément exploser » ni « attendez, ils vont forcément baisser ».

La conclusion raisonnable est plutôt celle-ci : le risque de hausse est redevenu réel et le contexte est aujourd’hui moins favorable à une forte baisse rapide des taux qu’il y a quelques mois.

Quelques dixièmes de taux, est-ce vraiment important ?

Oui.

Vu de loin, passer de 3,25 % à 3,50 % semble presque anecdotique. Après tout, nous parlons d’un quart de point.

Sur un crédit immobilier de plusieurs centaines de milliers d’euros remboursé pendant vingt ans, ce quart de point prend toutefois une autre dimension.

Prenons un exemple simple : 250 000 € empruntés sur vingt ans, avec un prêt à taux fixe, hors assurance et hors frais.

Taux nominal Mensualité approximative Intérêts sur 20 ans
3,25 % 1 418 € 90 300 €
3,50 % 1 450 € 98 000 €
3,75 % 1 482 € 105 700 €
4,00 % 1 515 € 113 600 €

Entre un crédit à 3,25 % et le même crédit à 4 %, la différence est d’environ 97 € par mois et de plus de 23 000 € d’intérêts supplémentaires sur vingt ans.

Voilà pourquoi suivre les taux n’est pas une obsession réservée aux courtiers.

Mais cette comparaison appelle une autre question, beaucoup moins souvent posée : et si le prix du bien baisse ou se négocie davantage pendant que les taux montent ?

C’est là que le raisonnement devient véritablement immobilier.

Des taux plus élevés peuvent-ils faire baisser les prix immobiliers ?

Une hausse des taux réduit mécaniquement le pouvoir d’achat de nombreux acquéreurs.

À mensualité identique, plus le taux est élevé, moins le capital que l’on peut emprunter est important.

Les acheteurs doivent alors trouver davantage d’apport, viser un logement moins cher, rallonger la durée du crédit lorsque cela est possible… ou renoncer à l’opération.

Quand ce phénomène touche suffisamment d’acquéreurs, le rapport de force entre vendeurs et acheteurs peut évoluer.

Des biens trop chers peuvent rester plus longtemps sur le marché. Les vendeurs sont parfois contraints de revoir leurs prétentions. Les négociations peuvent redevenir plus importantes.

Mais il serait beaucoup trop simple d’en déduire que « les taux montent donc les prix vont baisser ».

Le marché immobilier est local.

Un appartement rare dans un quartier très recherché peut conserver plusieurs acquéreurs malgré des taux élevés. Une maison affichée trop cher dans un secteur disposant de beaucoup d’offres peut, au contraire, devoir être fortement repositionnée.

Entre les deux se trouve tout le marché immobilier français.

C’est précisément pour cette raison qu’il faut toujours mettre en relation le coût du crédit et le prix réel du bien.

Acheter avec un taux plus élevé peut parfois être une meilleure affaire

Cela paraît contre-intuitif.

Imaginons un logement affiché 320 000 € lorsque les taux sont très bas et que la demande est extrêmement forte. Plusieurs acheteurs sont en concurrence et le vendeur n’a aucune raison de négocier.

Quelques mois plus tard, le même type de bien se négocie 300 000 € dans un marché plus calme, alors que le taux du crédit a légèrement augmenté.

Quel achat est financièrement le plus intéressant ?

Impossible de répondre uniquement en regardant le taux.

Il faut comparer le prix payé, le coût du crédit, l’apport mobilisé, les frais, les éventuels travaux et la durée pendant laquelle l’acquéreur envisage de conserver le logement.

C’est un principe à retenir :

un excellent taux ne transforme pas un bien surpayé en bonne affaire.

Et inversement, un taux un peu moins favorable ne condamne pas nécessairement un excellent achat immobilier.

Faut-il acheter maintenant ou attendre une baisse des taux ?

La tentation est compréhensible.

Pourquoi emprunter aujourd’hui à 3,5 % si les taux pouvaient revenir à 3 % dans un an ?

Le problème est que personne ne connaît simultanément le futur des taux, le futur des prix immobiliers et la disponibilité du logement que vous convoitez.

Attendre peut être rationnel si votre budget est trop tendu, si votre situation professionnelle doit évoluer, si vous ne disposez pas encore de suffisamment d’épargne ou si le bien que vous visez vous semble clairement surévalué.

Mais attendre uniquement parce que « les taux seront sûrement plus bas l’année prochaine » revient à faire un pari.

Pendant cette période, les taux peuvent effectivement baisser. Ils peuvent aussi rester stables ou augmenter. Le prix du logement recherché peut diminuer… ou le bien peut tout simplement être vendu à quelqu’un d’autre.

La bonne question n’est donc pas :

« Est-ce le moment parfait pour acheter ? »

Le moment parfait est généralement beaucoup plus facile à identifier trois ans après.

La question utile est :

« Est-ce que ce bien, à ce prix, avec ce financement et compte tenu de ma situation, constitue aujourd’hui un projet cohérent ? »

Ce qu’il faut réellement regarder avant d’acheter

Le taux est important, mais il ne doit jamais être isolé du reste du financement.

Supposons que deux banques vous proposent respectivement 3,40 % et 3,45 %. Le réflexe naturel consiste à choisir la première.

Pourtant, l’offre à 3,45 % peut parfois être globalement plus intéressante si les frais sont inférieurs ou si l’assurance emprunteur est beaucoup moins chère.

C’est notamment pour cette raison qu’il existe le TAEG, le taux annuel effectif global. Il vise à donner une vision plus complète du coût du crédit en intégrant différents frais obligatoires liés à l’obtention du prêt.

Il faut donc examiner le taux nominal, mais aussi le coût de l’assurance, les frais de dossier, la garantie, les conditions de remboursement anticipé et le coût total du financement.

Un crédit immobilier n’est pas un paquet de pâtes : comparer uniquement le chiffre écrit le plus gros sur l’étiquette ne suffit pas toujours.

Combien peut-on consacrer chaque mois à son crédit immobilier ?

En France, les conditions d’octroi des crédits immobiliers sont encadrées par le Haut Conseil de stabilité financière.

La règle générale fixe le taux d’effort maximal à 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise, et la durée du crédit à 25 ans maximum, avec certaines exceptions prévues par le dispositif. Les banques disposent également d’une marge de flexibilité sur une partie de leur production de crédits.

Cela ne signifie pas qu’une personne ayant un taux d’effort de 34,9 % obtiendra automatiquement son prêt.

La banque examine l’ensemble de la situation : revenus, stabilité professionnelle, autres crédits, charges, apport, épargne conservée après l’achat et surtout le fameux reste à vivre.

Un ménage gagnant 10 000 € par mois n’est évidemment pas dans la même situation qu’un ménage disposant de 2 500 €, même si tous deux consacrent exactement 35 % de leurs revenus au remboursement de leurs crédits.

La banque ne finance donc pas uniquement un ratio. Elle finance un projet et un emprunteur.

Pourquoi votre voisin peut-il obtenir un meilleur taux que vous ?

Voilà une excellente question à éviter lors du prochain barbecue de copropriété.

Le taux proposé par une banque dépend du niveau de risque qu’elle associe au dossier, mais également de l’intérêt commercial que représente le client.

Des revenus réguliers, un apport significatif, une bonne gestion des comptes et une épargne disponible après l’opération peuvent améliorer les conditions proposées.

La durée joue également un rôle. Emprunter sur quinze ans coûte généralement moins cher qu’emprunter sur vingt-cinq ans, puisque la banque immobilise son financement moins longtemps et prend moins de risque.

La relation commerciale compte également.

Selon Pretto, en septembre 2026, les écarts entre catégories de revenus atteignaient plusieurs dixièmes de point sur une même durée de financement. Sur vingt ans, le courtier constatait par exemple une moyenne de 3,75 % pour certains profils aux revenus les plus faibles contre 3,30 % pour les catégories de revenus les plus élevées de son baromètre.

Cela ne signifie pas que le salaire décide de tout.

Un foyer aux revenus confortables mais très endetté ou régulièrement à découvert peut présenter un moins bon dossier qu’un foyer gagnant moins mais disposant d’un apport important et d’une gestion financière solide.

Faut-il emprunter sur 20 ans ou 25 ans ?

Allonger la durée du crédit permet de réduire la mensualité ou d’augmenter le capital emprunté.

C’est souvent la solution envisagée lorsque la hausse des taux réduit la capacité d’achat.

Mais cette souplesse a un prix : plus vous empruntez longtemps, plus vous payez d’intérêts.

Une durée de vingt-cinq ans peut donc être parfaitement cohérente pour un ménage qui souhaite préserver son équilibre mensuel ou rendre son acquisition possible.

À l’inverse, un emprunteur disposant de davantage de capacité financière peut parfois réduire sensiblement le coût total du crédit en empruntant sur une durée plus courte.

Il n’existe pas de durée idéale universelle.

Le bon crédit n’est pas nécessairement celui qui se rembourse le plus vite. C’est celui qui finance correctement le projet sans transformer chaque fin de mois en discipline olympique.

Et si les taux baissent après mon achat ?

C’est l’une des objections classiques à l’achat dans un environnement de taux incertain.

Imaginons que vous empruntiez aujourd’hui à 3,6 % et que les taux du marché redescendent sensiblement quelques années plus tard.

Vous n’êtes pas nécessairement condamné à regarder les nouveaux emprunteurs avec jalousie pendant les dix-sept prochaines années.

Il peut être possible de renégocier son crédit auprès de sa banque ou de le faire racheter par un établissement concurrent.

Pour qu’une opération soit intéressante, le gain obtenu grâce au nouveau taux doit évidemment être supérieur aux différents coûts engendrés par le changement : éventuelles indemnités de remboursement anticipé, frais de dossier, nouvelle garantie et autres frais liés au financement.

L’écart de taux nécessaire dépend donc de chaque dossier.

Cette possibilité change cependant le raisonnement : acheter avec un taux actuel n’interdit pas nécessairement de profiter plus tard d’un environnement de financement plus favorable.

L’inverse n’existe pas vraiment. Si vous laissez partir le logement idéal en attendant un taux plus bas, il est beaucoup plus difficile de renégocier avec son nouveau propriétaire pour qu’il vous le revende.

Comment obtenir un meilleur taux immobilier ?

La préparation du dossier commence plusieurs mois avant le rendez-vous à la banque.

Un compte bancaire régulièrement à découvert, des crédits à la consommation nombreux ou une absence totale d’épargne peuvent inquiéter un établissement prêteur.

À l’inverse, une épargne régulière, un apport cohérent et une situation financière lisible rassurent.

Comparer plusieurs établissements reste également essentiel. Les politiques commerciales des banques évoluent, parfois rapidement. Une banque particulièrement offensive sur les primo-accédants à un moment donné ne sera pas nécessairement la mieux placée pour un investisseur locatif ou un autre profil.

Il faut enfin négocier le crédit comme un ensemble.

Le taux nominal compte, mais également l’assurance emprunteur, les frais, la modularité des échéances et les différentes conditions contractuelles.

Quelques centièmes gagnés sur le taux ne doivent pas faire oublier plusieurs milliers d’euros potentiels ailleurs.

Une hausse des taux réduit-elle forcément votre capacité d’achat ?

Si tout le reste reste identique, oui.

Mais dans la vraie vie, tout le reste reste rarement identique.

Prenons un acheteur dont la capacité de financement diminue de 15 000 € à cause d’une hausse des taux.

S’il convoite un bien affiché 300 000 € dans un marché très tendu où aucune négociation n’est possible, la hausse des taux constitue bien une perte de pouvoir d’achat nette.

Mais si ce même logement, dans un marché devenu plus favorable aux acquéreurs, peut désormais être négocié à 285 000 €, une partie voire la totalité de cet effet peut être compensée par le prix.

Voilà pourquoi l’analyse locale du marché est indispensable.

Le financement indique combien vous pouvez acheter.

Le marché immobilier indique ce que cette somme permet réellement d’acheter.

Les deux doivent être étudiés ensemble.

Pourquoi le marché local est plus important que la moyenne nationale

Les taux de crédit sont relativement comparables d’une région à l’autre.

Les marchés immobiliers, eux, peuvent être radicalement différents à quelques kilomètres de distance.

Le prix d’un appartement à Grenoble ne répond pas aux mêmes dynamiques que celui d’une maison familiale dans le Grésivaudan, d’un logement situé dans une commune périphérique ou d’un bien très rare dans un quartier recherché.

Même au sein d’une commune, deux rues peuvent connaître des niveaux de demande très différents.

Pour savoir s’il vaut mieux acheter, négocier ou patienter, les grandes moyennes nationales ne suffisent donc pas.

Il faut regarder le nombre de biens comparables disponibles, leur durée de commercialisation, les ventes réellement conclues, l’état du logement, son DPE, les travaux éventuels, sa localisation et la pression de la demande locale.

C’est ici que l’expertise immobilière et l’expertise bancaire se complètent.

Une banque peut vous dire combien elle est prête à vous prêter.

Elle ne vous dira pas nécessairement si l’appartement proposé 340 000 € devrait plutôt en valoir 320 000 €.

Les cinq signaux à suivre dans les prochains mois

Pour comprendre l’évolution future des taux immobiliers, inutile de consulter les baromètres tous les matins avant même la météo.

Quelques indicateurs donnent déjà une très bonne lecture de la situation.

Le premier est la politique de la BCE. Si elle conserve des taux directeurs élevés ou procède à de nouvelles hausses, cela maintient une pression sur le coût du financement.

Le deuxième est l’inflation. Tant qu’elle reste sensiblement supérieure à l’objectif de 2 % de la BCE, une politique monétaire très accommodante devient plus difficile à envisager. La BCE prévoit actuellement une inflation moyenne de 3,0 % pour l’ensemble de l’année 2026.

Il faut ensuite surveiller les taux obligataires à long terme, dont l’OAT française à dix ans, ainsi que les nouveaux barèmes transmis par les banques.

Enfin, la production de crédits permet d’observer si le marché du financement continue de fonctionner normalement. En juillet 2026, la Banque de France relevait 11 milliards d’euros de nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations en données corrigées des variations saisonnières, contre 13,2 milliards en juin.

Pris individuellement, aucun de ces indicateurs ne prédit l’avenir.

Ensemble, ils permettent de comprendre dans quel sens souffle le vent.

Alors, les taux de crédit immobilier vont-ils encore monter ?

À la rentrée 2026, les signaux incitent à la prudence.

Les taux immobiliers ont recommencé à progresser, les taux obligataires se sont tendus et la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs en septembre.

Une nouvelle hausse dans les prochains mois est donc parfaitement possible.

Cela ne signifie pas pour autant que nous nous dirigeons nécessairement vers une nouvelle flambée spectaculaire des crédits immobiliers.

Les banques restent en concurrence pour attirer de nouveaux clients. Elles peuvent absorber une partie des mouvements de marché et adapter leur politique commerciale selon leurs objectifs.

Pour un acheteur, chercher à prévoir le taux exact du printemps prochain est donc rarement la meilleure stratégie.

Il est beaucoup plus utile de connaître précisément sa capacité de financement, d’obtenir plusieurs propositions bancaires et d’analyser le prix du bien convoité.

Car, au bout du compte, on n’achète pas un taux immobilier.

On achète un logement.

Et la qualité d’un achat dépend de l’ensemble de l’équation : prix, financement, travaux, charges, emplacement, durée de détention et qualité de vie.

Faut-il acheter en 2026 ou attendre 2027 ?

Attendre peut être pertinent si votre situation financière doit s’améliorer, si votre apport est insuffisant ou si les biens disponibles aujourd’hui ne correspondent pas à votre projet.

En revanche, repousser systématiquement un achat en espérant une baisse future des taux n’est pas une stratégie sans risque.

Si les taux baissent, la demande immobilière peut également repartir. Et dans certains secteurs, davantage d’acheteurs signifie potentiellement moins de négociation et davantage de pression sur les prix.

Le « bon moment » immobilier est donc moins une date sur un calendrier qu’une rencontre entre un projet de vie, un bien au bon prix et un financement supportable.

C’est beaucoup moins spectaculaire qu’une prévision à six mois.

Mais nettement plus utile.

FAQ : Taux de crédit immobilier en 2026

Quel est le taux immobilier actuel en septembre 2026 ?

Les taux varient selon la durée, le profil de l’emprunteur et la banque. Les principaux baromètres de septembre 2026 situent les taux courants autour de 3,4 à 3,6 % sur vingt ans. Pretto observe notamment une moyenne de 3,54 % sur vingt ans, tandis que Meilleurtaux affichait au 21 septembre un très bon taux de 3,55 % et un taux de 3,21 % pour les meilleurs dossiers de son baromètre.

Les taux immobiliers vont-ils augmenter fin 2026 ?

Une nouvelle hausse est possible. Les taux ont déjà progressé ces derniers mois et la BCE a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre 2026. L’évolution dépendra cependant de l’inflation, des marchés obligataires et des politiques commerciales des banques. Il est impossible de prévoir précisément le niveau des taux plusieurs mois à l’avance.

Les taux immobiliers peuvent-ils revenir sous 3 % ?

Oui, cela reste théoriquement possible à l’avenir, mais aucun calendrier ne peut être annoncé avec certitude. Une baisse durable supposerait notamment un environnement monétaire et obligataire plus favorable. Les meilleurs profils peuvent par ailleurs obtenir des conditions nettement inférieures aux taux moyens du marché.

Est-il préférable d’emprunter sur 20 ou 25 ans ?

Un crédit sur 25 ans réduit généralement la mensualité et peut augmenter la capacité d’emprunt, mais son coût total est supérieur. Un prêt sur 20 ans coûte moins cher à taux comparable mais nécessite une mensualité plus élevée. Le choix dépend donc davantage de votre budget et de votre projet que d’une règle universelle.

Quel est un bon taux de crédit immobilier actuellement ?

Un « bon taux » doit être comparé à des crédits de même durée, au même moment et pour des profils proches du vôtre. Un excellent taux pour un financement sur 25 ans n’est pas le même que pour un prêt sur 15 ans. Il faut également comparer le TAEG et le coût total du crédit, pas uniquement le taux nominal.

Peut-on négocier son taux immobilier ?

Oui. La qualité du dossier, l’apport, les revenus, l’épargne restante, la gestion des comptes et la relation commerciale avec la banque peuvent avoir un impact sur le taux proposé. Comparer plusieurs établissements ou passer par un courtier permet également de confronter différentes offres.

Peut-on renégocier son crédit si les taux baissent ?

Oui. Une renégociation avec la banque ou un rachat du crédit par un autre établissement peut devenir intéressant en cas de baisse suffisamment importante des taux. L’opération doit toutefois générer une économie supérieure aux frais qu’elle entraîne.

Quel est le taux d’endettement maximum pour un crédit immobilier ?

La règle générale du HCSF fixe le taux d’effort à 35 % maximum, assurance comprise, avec une durée de crédit généralement limitée à 25 ans. Les banques disposent néanmoins d’une marge de flexibilité pour une partie de leurs dossiers et restent libres d’accepter ou de refuser une demande de financement.

En conclusion : ne cherchez pas le taux parfait, cherchez le bon projet

La remontée récente des taux mérite d’être prise au sérieux.

Mais elle ne doit ni provoquer de précipitation ni bloquer automatiquement un projet immobilier.

Entre un taux, un prix de vente et une capacité de négociation, les interactions sont nombreuses. Un marché plus calme peut parfois offrir des opportunités qui compensent une partie du coût supplémentaire du financement.

Avant d’acheter, la meilleure démarche consiste donc à répondre à trois questions très simples :

Combien puis-je réellement financer ? Le bien est-il proposé au bon prix ? Et ce projet reste-t-il confortable pour moi une fois toutes les dépenses prises en compte ?

Chez Groupe RD IMMO, notre métier ne consiste pas à prédire le prochain mouvement de 0,10 point des banques. Il consiste à vous aider à comprendre la valeur d’un bien, son marché et les conditions dans lesquelles votre projet immobilier peut être réalisé sereinement.

Vous avez un projet d’achat ?
Nos équipes peuvent vous aider à identifier les biens réellement cohérents avec votre budget et à analyser leur positionnement sur le marché avant de vous engager.


Article mis à jour en septembre 2026. Les taux mentionnés sont des moyennes et des observations de marché fournies à titre indicatif. Ils ne constituent pas une offre de crédit. Les conditions proposées dépendent notamment du profil de l’emprunteur, de la durée, du montant financé et de la politique commerciale de chaque établissement bancaire.