Loyer à Annecy en 2026 : fourchettes, quartiers et méthode pour fixer le bon prix
À Annecy, on ne “met pas un bien en location” comme ailleurs. La demande est structurellement forte, la qualité perçue compte énormément (parking, extérieur, vue, état, DPE), et les micro-secteurs font varier un loyer plus vite qu’un simple code postal. Résultat : un bon prix n’est pas seulement un chiffre “au m²”, c’est un loyer défendable, qui attire les bons dossiers, limite la vacance… et reste cohérent avec le cadre réglementaire.
L’objectif de cet article : vous donner une méthode claire, puis des fourchettes 2026 à Annecy, et surtout la manière de passer d’une fourchette à votre loyer.
1) Les repères chiffrés à Annecy : “constaté” vs “annonces”
Avant de parler de fourchettes, il faut distinguer deux réalités qui coexistent.
D’un côté, les loyers constatés : ce sont les loyers des baux réellement signés, observés sur le marché. Sur la carte des Observatoires des loyers (Agglomération d’Annecy), on retrouve un repère médian autour de 14–15 €/m² hors charges (données 2024).
De l’autre, les loyers d’annonces : ce sont les prix affichés à la mise en location. Ils sont souvent plus élevés, parce qu’ils intègrent des biens “plus désirables” (meublés bien placés, rénovation récente, vue, balcon, parking) et parce qu’un prix publié laisse parfois une marge de négociation. Sur SeLoger (données décembre 2025, affichage janvier 2026), le loyer moyen affiché pour les appartements à Annecy est d’environ 18 €/m², avec une plage large.
Le bon réflexe consiste à utiliser ces deux repères intelligemment : le “constaté” vous protège des surestimations, l’“annonce” vous aide à caler un prix de sortie réaliste quand vous remettez un bien sur le marché, surtout s’il coche les cases très recherchées à Annecy.
2) La méthode simple (et vraiment fiable) en 5 minutes
Partir d’un €/m² crédible
La première décision, c’est votre point de départ :
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Si vous devez publier un nouveau bien (mise en location, relocation), partez du marché d’annonces comme repère, en restant lucide sur la concurrence et la qualité de votre logement.
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Si vous cherchez un loyer “marché installé”, notamment pour éviter toute vacance longue, gardez en tête le repère constaté de l’observatoire.
Multiplier par la surface habitable (pas la Carrez)
Ensuite, on revient à une base simple : loyer hors charges = surface habitable × prix au m². La surface habitable (loi Boutin) est le bon repère locatif. C’est souvent là que se glissent les erreurs d’estimation quand on confond avec la surface Carrez ou qu’on “arrondit” trop généreusement.
Ajuster avec les facteurs qui comptent le plus à Annecy
À Annecy, quelques paramètres pèsent disproportionnellement :
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Le micro-secteur : à 10 minutes de marche, la perception (et donc le prix) peut changer.
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Le stationnement : parking privatif ou garage peut transformer l’attractivité d’un appartement, surtout en secteurs centraux.
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L’extérieur et la vue : balcon/terrasse et “vue lac” jouent un rôle de prime évident.
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Le niveau de rénovation et l’immeuble : ascenseur, isolation, parties communes, standing, bruit.
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Le DPE : c’est désormais un facteur de marché… et de règles.
Contrôler avec des comparables (la règle des 3 à 6)
Avant de trancher, confrontez votre calcul à 3 à 6 annonces réellement comparables : même zone, typologie proche, prestations équivalentes. Le but n’est pas de copier un prix, mais d’identifier où se situe votre bien dans la concurrence : “au-dessus”, “dans le flot” ou “en dessous”.
Fixer un prix cible (et éviter la vacance)
À Annecy, un loyer trop ambitieux coûte souvent plus cher qu’on ne le pense : quelques semaines de vacance effacent vite le “gain” d’un prix trop haut. Un bon prix est celui qui déclenche des visites de qualité rapidement, tout en restant cohérent avec les caractéristiques rares (parking, extérieur, rénovation, DPE).
3) Annecy n’est pas “un seul marché” : lecture par zones (utile et réaliste)
On peut parcourir Annecy comme une carte postale, mais le locatif se raisonne à l’échelle de la vie quotidienne : accès, stationnement, bruit, proximité du lac, commodités, flux pendulaires, et parfois… la simple facilité à se garer le soir.
Le centre historique et l’hypercentre concentrent l’effet “coup de cœur” : charme, canaux, commerces, vie urbaine. La contrepartie est connue : surfaces plus petites, stationnement rare, et des écarts de prix importants d’un immeuble à l’autre.
Les secteurs proches du lac (Albigny, Pâquier, Marquisats) attirent une demande plus “premium”. Ici, un balcon, un dernier étage, une vue dégagée ou un immeuble de bon standing peuvent justifier une prime nette, surtout sur les petites et moyennes surfaces.
Annecy-le-Vieux présente souvent un profil recherché par les familles et cadres : davantage de résidences, des biens plus grands, et une sensibilité forte au confort (isolation, chauffage, parking). Le marché y valorise les prestations autant que l’adresse.
Cran-Gevrier et Seynod, eux, offrent un équilibre très demandé : des surfaces plus généreuses, une accessibilité correcte, et un rapport loyer/surface généralement plus lisible. On y observe une forte tension sur les T2/T3 bien placés, surtout quand ils sont rénovés et bien équipés.
Enfin, des secteurs comme Meythet ou Pringy répondent à des logiques d’accès (axes, mobilité, vie pratique). Les logements familiaux et les biens avec stationnement y tirent souvent leur épingle du jeu, avec une demande régulière.
4) Fourchettes de loyers 2026 à Annecy (hors charges)
Les fourchettes ci-dessous sont conçues pour être exploitables : elles partent d’un repère d’annonces à Annecy (moyenne autour de 18 €/m², avec une plage large), puis tiennent compte de l’effet “petites surfaces = €/m² plus haut”.
Elles sont indicatives : un parking, un extérieur, une rénovation récente ou un DPE défavorable peuvent faire bouger le curseur sensiblement.
| Typologie (ordre de grandeur) | Fourchette €/m² (HC) | Exemple de loyer mensuel (HC) |
|---|---|---|
| Studio / T1 (18–30 m²) | 20 à 28 | 25 m² → 500 à 700 |
| T2 (35–50 m²) | 17 à 23 | 45 m² → 765 à 1 035 |
| T3 (55–70 m²) | 15 à 20 | 65 m² → 975 à 1 300 |
| T4+ (80–110 m²) | 14 à 18 | 95 m² → 1 330 à 1 710 |
| Maison (100–140 m²) | 16 à 24 | 120 m² → 1 920 à 2 880 |
Si vous cherchez un second repère pour “sécuriser” votre estimation, gardez en tête la logique du marché constaté autour de 14–15 €/m² à l’échelle de l’agglomération : c’est un ancrage utile, notamment pour éviter de surpayer l’emplacement au détriment du confort réel du logement.
5) Passer de la fourchette à votre loyer : les ajustements “Annecy”
Meublé : la prime n’est pas automatique
À Annecy, un meublé peut se louer mieux… à condition d’être irréprochable. Un meublé “minimum syndical” n’obtient pas toujours une prime durable, surtout face à une offre qualitative bien présentée. Ce qui fait la différence, ce n’est pas le mot “meublé”, c’est l’expérience : literie, rangements, cuisine complète, lave-linge, cohérence déco, état impeccable et photos à la hauteur.
Parking / garage : un détail qui n’en est pas un
Dans de nombreux secteurs anneciens, le stationnement est un accélérateur de location. Il réduit les objections, élargit le public et fait souvent gagner du temps sur la vacance. À prestations égales, c’est typiquement le facteur qui permet de se placer dans le haut de la fourchette plutôt que dans le milieu.
Extérieur, vue, dernier étage : la prime “immédiate”
Balcon, terrasse, jardin, luminosité, dernier étage, ascenseur : ces éléments se voient dès la visite et se monétisent vite, surtout sur des biens bien situés. Le point de vigilance, c’est de rester cohérent : une prime est justifiée quand elle est rare et réellement exploitable (un balcon “symbolique” ne joue pas comme une terrasse).
DPE : double impact (marché + règles)
C’est le sujet que beaucoup sous-estiment encore.
D’abord, il y a le marché : à loyer égal, un logement énergivore est moins attractif, et les candidats comparent de plus en plus le confort thermique.
Ensuite, il y a le cadre. La hausse du loyer est encadrée pour les logements classés F ou G : depuis le 24 août 2022, la loi “Climat et Résilience” interdit l’augmentation de loyer pour ces logements (dans les cas prévus : révision, relocation, renouvellement).
Et depuis le 1er janvier 2025, les règles autour des logements classés G se sont durcies : l’objectif est de ne plus remettre sur le marché des logements considérés comme indécents sans action corrective, avec des conséquences pratiques lors d’un nouveau bail.
Concrètement : avant de “pousser” un loyer, vérifiez votre DPE. À Annecy, c’est devenu un paramètre de valorisation autant qu’un sujet de conformité.
6) Annecy et l’effet “meublés de tourisme” : comprendre la tension locale
Impossible de parler loyers à Annecy sans évoquer la pression de la location courte durée.
La commune d’Annecy documente une hausse spectaculaire des meublés de tourisme : 6 266 meublés actifs recensés contre 1 051 en 2019, soit +496% en six ans.
À l’échelle de l’agglomération, la dynamique est également décrite dans les communications publiques, avec une croissance marquée entre 2019 et 2024.
Ce contexte a deux effets très concrets pour une location longue durée :
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l’offre “à l’année” se tend, donc les biens bien positionnés se louent vite ;
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les locataires deviennent plus exigeants : quand le marché est cher, ils veulent une contrepartie tangible (confort, prestations, accessibilité, DPE, stationnement).
Le Grand Annecy a d’ailleurs acté une nouvelle réglementation sur les meublés de tourisme, avec une mise en œuvre annoncée à partir de 2025, signe que le sujet est stratégique pour l’équilibre du logement.
7) Règles à connaître : zone tendue oui, “loyers de référence” non (à ce stade)
Annecy est en zone tendue : ce que ça change
La “zone tendue” n’est pas un slogan : c’est un statut administratif qui déclenche des règles spécifiques. Pour vérifier un logement, l’administration met à disposition un simulateur officiel, conforme au dernier décret listant les communes concernées.
Historiquement, la base légale s’appuie sur les textes publiés au Journal officiel et sur les listes annexées.
En pratique, cela influe notamment sur certaines conditions de relocation, de préavis, et sur l’encadrement de la hausse dans des cas précis (baux d’habitation, y compris bail mobilité).
Encadrement du niveau des loyers (“loyer de référence”) : Annecy n’est pas dans la liste des territoires appliquants
Il faut distinguer deux mécanismes :
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l’encadrement de l’évolution (en zone tendue, dans certains cas) ;
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l’encadrement du niveau via des loyers de référence (dispositif expérimental dans certains territoires).
À la date de rédaction, les territoires régulièrement cités comme appliquant l’encadrement du niveau des loyers sont Paris, Lille, Lyon/Villeurbanne, Est Ensemble, Plaine Commune, Montpellier, Bordeaux, le Pays Basque, Grenoble-Alpes Métropole… et Annecy n’en fait pas partie.
Pour un propriétaire, cela signifie une chose simple : à Annecy, le sujet n’est pas un “plafond de loyer de référence” comme à Paris, mais une estimation juste, cohérente avec le marché local et compatible avec les règles de zone tendue.
8) Trois exemples concrets (pour passer du théorique au réel)
Exemple 1 : studio meublé 25 m², secteur central, sans parking
Base annonces : 20 à 28 €/m² (studio). Sur 25 m², cela donne 500 à 700 € HC.
Sans parking, vous perdez un levier dans l’hypercentre, mais un meublé très qualitatif et une présentation impeccable peuvent compenser. Ici, la cohérence se joue sur l’état, le bruit, et la facilité de vie au quotidien.
Exemple 2 : T2 de 45 m² proche gare/axes, avec parking
Fourchette T2 : 17 à 23 €/m², soit 765 à 1 035 € HC.
Le parking permet souvent de viser le haut de la fourchette, surtout si l’appartement est lumineux et bien agencé. À Annecy, ce type de bien se loue vite quand le prix est aligné.
Exemple 3 : T3 de 65 m² à Seynod/Cran-Gevrier, balcon, rénovation récente
Fourchette T3 : 15 à 20 €/m², soit 975 à 1 300 € HC.
Rénové + balcon : vous justifiez une prime, à condition que le DPE et la performance de chauffage soient cohérents avec le positionnement.
9) FAQ Annecy (les questions qui reviennent vraiment)
Quel est le loyer moyen au m² à Annecy en 2026 ?
Sur les données d’annonces SeLoger (janvier 2026), on est autour de 18 €/m² pour les appartements, avec une fourchette qui dépend fortement du bien et du secteur.
Pourquoi mon calcul au m² ne colle pas à ce que je vois en annonces ?
Parce que les annonces reflètent souvent des biens plus “premium” et la rareté locale, alors que les loyers constatés (baux signés) sont un ancrage plus bas à l’échelle globale.
Puis-je augmenter librement mon loyer si je reloue ?
En zone tendue, il existe des règles et des cas encadrés. Le bon réflexe est de vérifier votre situation (date du bail, travaux, loyer précédent, etc.) et de vous appuyer sur la réglementation applicable.
Le DPE a-t-il un impact sur le loyer ?
Oui, et pas seulement “commercialement”. Les logements F/G sont concernés par le gel des augmentations dans les cas prévus depuis août 2022.
Y a-t-il un encadrement des loyers à Annecy comme à Paris ?
Non : Annecy n’est pas, à ce stade, dans les territoires appliquant les loyers de référence (encadrement du niveau).
Conclusion : le “bon loyer” à Annecy, c’est un prix assumé et défendable
À Annecy, une estimation solide repose sur un triptyque simple : un repère chiffré crédible (constaté et annonces), un calcul propre (surface habitable), et des ajustements réellement locaux (parking, extérieur, micro-secteur, rénovation, DPE). C’est ce qui vous permet de fixer un loyer à la fois attractif, rentable, et cohérent avec les règles.




